L'enfant des ruines

Publié le par LHEZ-MAKSYMOWICZ

L'enfant des ruines

Ce poème est extrait de mon recueil "ENFANCES"

Je serai au salon du livre de GARGILESSE 

les 26 et 27 septembre prochains

 

L'enfant des ruines

 

L'enfant des ruines avance au milieu des gravats

La peur, le chagrin

Boucles brunes et grands yeux faméliques

Là, ce qui reste de sa maison

Lamentable et dérisoire amas

Sa maison, refuge de ses joies d'enfant

Sa maison, son berceau

Sa maison où sesjeux d'enfant mettaient des rires

Tout cela détruit à jamais

Preuve lugubre de ce que fait la guerre

La guerre, invention inhumaine des hommes

Folie cynique qui met la tristesse

Dans les yeux des enfants

Sur les joues sales de l'enfant des ruines

Coulent des larmes silencieuses

Flot continu d'un chagrin infini

Au-delà des coulées orageuses d'un simple chagrin d'enfant

Sur ses joues coule la désespérance

Ce désespoir devenu maladie incurable

De l'âme violée

Elle ne cherche rien

N'attend personne

Elle avait déjà peu, les guerres torturent les pauvres,

Pourtant elle avait tout

Une famille tendre, joyeuse, rageuse, courageuse

Parfois triste, toujours chaleureuse

Balles et bombes ont tout anéanti

Elle a subi, impuissante, horrifiée

Le ramassage collectif

Sépulture en tas informes

Des êtres qu'elle a tant aimés

Humiliés

Sans adieu digne ni geste d'amour

Puis le vide, l'absence pour l'enfant

Qui ne sait pas où pleurer

 

Lasse, elle s'est assise sur une bassine renversée

Dérisoire témoin d'une vie quotidienne

Qui n'est plus, ne sera plus jamais

Elle s'est assise pour écouter

Ses pas traînants faisaient un bruit gênant

Un tronc noirci, géant à la renverse, balafre la place devenu désert

Un oiseau se pose alors sur l'arbre torturé

Egaré de cieux cléments

Son chant ignorant la douleur

Les larmes, la déchirure

Fait un bruit d'orchestre symphonique dans le silence du malheur

Dans les yeux tristes de l'enfant

Sur ses joues zébrées de sillons de larmes

Un sourire...

 

Des gens secourables lui tendent les bras

Il la croient devenue folle de chagrin

A sourire ainsi au milieu des larmes

Cette lumière au fond des noires prunelles

Qui accroche leur coeur incrédule

C'est un pâle soleil là-bas à l'horizon

 

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