Quelque part sous la folie des hommes

Publié le par LHEZ-MAKSYMOWICZ

L'enfant des ruines

 

L'enfant des ruines avance parmi les gravats

La peur, le chagrin

Boucles brunes et grands yeux faméliques

Là, ce qui reste de sa maison

Lamentable et dérisoire amas

Sa maison, refuge de ses joies d'enfant

Sa maison, son berceau

Sa maison où ses jeux mettaient des rires

Tout dela détruit à jamais

Preuve lugubre de ce que fait la guerre

La guerre, invention inhumaine des hommes

Folie cynique qui met la tristesse 

Dans les yeux des enfants

 

Sur les joues sales de l'enfant des ruines

Coulent des larmes silencieuses

Flot continu d'un chagrin infini

Au-delà des coulées orageuses d'un chagrin d'enfant

Sur ses joues coule la désespérance

Ce désespoir devenu maladie incurable de l'âme violée

Elle ne cherche rien, n'attend personne

Elle avait déjà si peu

- les guerres torturent les pauvres-

Pourtant elle avait tout

Une famille tendre, joyeuse, rageuse, courageuse

Parfois triste, toujours chaleureuse

Balles et bombes ont tout anéanti

Elle a subi, impuissante, horrifiée

Le ramassage collectif, sépultures en tas informes

Des êtres qu'elle a tant aimés

Humiliés

Sans adieu digne, ni geste d'amour

Puis le vide, l'absence pour l'enfant qui ne sait où pleurer

Lasse, elle s'est assise sur une bassine renversée

Dérisoire témoin de sa vie quotidienne

Qui n'est plus, ne sera plus jamais

Elle s'est assise pour écouter

Ses pas traînants faisent un bruit gênant

 

Un tronc noici, géant à la renverse, balafre la place devenue désert

Un oiseau s'est posé sur l'arbre torturé

Egaré de cieux plus cléments

Alors, son chant s'élève ignorant la douleur

Les larmes, la déchirure

Dans le silence du malheur

Il fait un bruit d'orchestre symphonique

 

Dans les yeux tristes de l'enfant

Sur ses joues zébrées de sillons de larmes

UN SOURIRE...

 

Des gens secourables lui tendent les bras

Ils la croient devenue folle de chagrin

Sourire ainsi sur les ruines au milieu des larmes

Une lumière au fond des prunelles noires

Accroche leur coeur incrédule

C'est un pâle soleil, là-bas, vers l'horizon 

ESPOIR...

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